Comprendre pour bien accompagner
Comment aborder la sexualité à la maison?
L’adolescence est une période d’exploration et d’affirmation identitaire durant laquelle les questionnements entourant l’intimité et la sexualité émergent. En tant que parent, vous pouvez faciliter le développement d’une vision saine, respectueuse et positive de leur intimité et de leur sexualité.
Les parents ne sont pas tenus d’avoir toutes les réponses ou d’adopter un rôle avec lequel ils ne sont pas confortables. Plusieurs ressources se mobilisent pour soutenir le développement des jeunes.
N’hésitez pas à consulter les ressources ci-dessous pour vous soutenir dans l’éducation à la sexualité avec vos enfants.
Sujets intéressants à aborder à la maison
- Pressions sociales
- Relations saines
- Orientation sexuelle et identité de genre
- Distinguer amour, intimité et sexualité
- Consentement et respect
- Risques et conséquences liés l’utilisation des réseaux sociaux
- Pornographie
- Contraception
- Santé sexuelle (dépistage ITSS)
Aptitudes qui favorisent un climat de confiance
- Accueillir toutes les questions, même les plus délicates.
- Adoptez une posture d’écoute active et laissez votre jeune guider les discussions (évitez de bombarder votre jeune de questions et invitez-le à s’exprimer à son rythme)
- Évitez les tabous et gardez un esprit ouvert.
- Aborder les parties du corps et la sexualité en utilisant les vrais termes.
- Valoriser l’estime de soi et la communication.
- Respectez les limites de votre enfant.
- Chercher du soutien ou de l’information au besoin.
- Respectez vos limites et votre aisance, référer vers d’autres sources d’information au besoin.
Parler de sexualité, de consentement et de sécurité avec votre jeune aide à créer un climat de confiance à la maison.
Des ateliers de sensibilisation et de prévention sont offerts aux adolescent.es, dans les écoles secondaires et dans divers organismes, par exemple dans les maisons des jeunes. Encouragez votre enfant à y participer et questionnez-le sur ce qu’il a appris et apprécié de ces activités.
Ressources
Livre

Guide de bonne conduite sexuelle à l'usage des gars
De Michel Dorais
Professionnel·les
- Infirmier·ères
- Psychoéducateur·trice
- Éducateur·trice spécialisée ou autres intervenant.es des écoles secondaires
- Intervenant·es de maisons des jeunes ou autres organismes jeunesse
Qu’est-ce qu’une agression sexuelle?
« Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite. Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l’intégrité physique et psychologique et à la sécurité de la personne » (INSPQ).
les différents types d’agressions sexuelles
Les agressions sexuelles peuvent prendre différentes formes : physiques avec ou sans contact, verbales et virtuelles. En effet, la violence sexuelle ne se limite pas aux contacts physiques. Elle peut aussi se vivre en ligne, par des paroles, des images ou de la manipulation. Connaître ces formes aide à mieux protéger les jeunes et à les accompagner s’ils en sont victimes. Elles peuvent être commises par un inconnu, mais sont majoritairement commises par une personne connue en qui l’enfant avait confiance. Toutes ces formes sont graves et reconnues par la loi.
l’exploitation sexuelle
Quand une personne profite de la sexualité d’une autre dans le but d’en tirer un avantage, financier ou autre, souvent en utilisant la manipulation, le chantage ou la force. Cela peut prendre plusieurs formes, comme forcer quelqu’un à se prostituer, à produire de la pornographie, etc. L’agresseur ou agresseuse peut être mineur.e ou majeur.e. Cette forme de violence peut s’inscrire dans un contexte de groupe criminalisé.
le harcèlement sexuel
Quand quelqu’un impose à une autre personne des paroles ou des gestes à caractère sexuel, de manière insistante et/ou répétée. Ces comportements rendent l’environnement inconfortable, intimidant, voire dangereux. Cela peut se produire n’importe où : à l’école, au travail, dans les transports, et même en ligne (comme par message texte ou sur les réseaux sociaux). Ce n’est jamais acceptable.
la cyberviolence sexuelle
La cyberviolence sexuelle englobe les types d’agressions sexuelles qui se produisent en ligne via diverses plateformes numériques. Par exemple, recevoir des menaces ou des insultes par message texte, être victime de rumeurs sur les réseaux sociaux, recevoir du contenu à caractère sexuel non sollicité, etc. Même derrière un écran, ces gestes ont des impacts bien réels.
la sextorsion
La sextorsion, c’est quand quelqu’un menace de partager des photos ou des messages intimes (obtenu avec ou sans consentement) pour faire du chantage. Par exemple, la personne peut exiger de l’argent ou davantage de contenu sexuel. Souvent, l’agresseur ou l’agresseuse cache sa vraie identité pour piéger la personne victime et gagner sa confiance.
le leurre informatique
Le leurre informatique, c’est quand une personne — souvent un adulte — utilise Internet ou les textos pour gagner la confiance d’un·e jeune, dans le but d’obtenir des images intimes ou des contacts sexuels. On parle de grooming quand l’agresseur ou l’agresseuse va utiliser la séduction, les cadeaux et/ou de l’argent pour créer un lien de confiance et faciliter la perpétration d’une agression sexuelle.
Contenu sexuel partagé sans consentement

Partager des photos ou vidéos intimes sans le consentement de la personne concernée, c’est une forme de violence sexuelle. Cela peut prendre plusieurs formes, comme :
- Recevoir une photo intime non désirée (par exemple, une photo de parties génitales).
- Être filmé ou photographié pendant un moment intime, sans le savoir, et voir ce contenu partagé.
- Voir des photos intimes de soi partagées, même si elles avaient été prises avec son consentement au départ.
Quand une image est partagée pour se venger, on parle souvent de « pornographie de vengeance » (ou revenge porn).
À noter
Toute image ou vidéo sexuelle impliquant un·e mineur·e est considérée comme de la pornographie juvénile, et c’est illégal, peu importe les circonstances, autant pour la personne qui produit le contenu que pour celle qui le partage.
les statistiques associées
C’est environ 1 homme sur 10 qui sera victime d’agression sexuelle avant ses 15 ans et 1 sur 11 par la suite.
Cela prendra en moyenne plus de 20 ans pour un gars avant d’en parler pour la première fois.
83% des victimes de sextorsion sont de sexe masculin.
Plus de 8 victimes sur 10 connaissent leur agresseur ou agresseuse.
À retenir
- Le consentement est toujours essentiel lors d’une relation intime. Tout geste ou parole à caractère sexuel doit être accepté librement par les personnes concernées.
- Le consentement des mineur.es n’est jamais valide lorsqu’il y a un rapport d’autorité.
- La violence sexuelle peut prendre plusieurs formes, avec ou sans contact physique. Elle entraîne de graves conséquences.
- Les jeunes peuvent être victimes de manipulation et de pression, souvent cachées derrière des relations de confiance.
- Si vous avez des doutes ou des inquiétudes, n’hésitez pas à nous contacter.
