Lorsque c’est mon enfant qui est concerné

Mon enfant a-t-il été victime?

Les signes

Certains signes peuvent être observés chez une personne qui a été victime :
  • Changements au niveau de l’humeur et du comportement
  • Déconnexion émotive et/ou apathie
  • Stress, anxiété et/ou crises de panique
  • Apparition de difficulté au niveau de la concentration et/ou difficulté académique
  • Changement soudain ou important au niveau de l’apparence
  • Changement soudain au niveau de l’hygiène personnelle
  • Cauchemars, trouble du sommeil (insomnie ou hypersomnie)
  • Perte d’intérêt pour ses ami.es ou pour ses activités
  • Isolement et repli sur soi
  • Comportements hypersexualisés
  • Gestes autodestructeurs (consommation, difficulté au niveau de l’alimentation, automutilation, comportements à risques)
  • Idées suicidaires

Chaque enfant réagit différemment. Certains vont démontrer une intensité émotionnelle alors que d’autres vont intérioriser ce qu’ils vivent. Si vous avez un doute, il est important d’y accorder une attention particulière et d’ouvrir la discussion. Il vaut mieux valider vos perceptions et poser la question. Voici des pistes pour vous aider dans la discussion avec votre enfant.

Comment ouvrir la discussion?

1

Montrez-vous disponible et calme. L’écoute sans jugement et le soutien des proches sont la première étape vers le rétablissement.

2

Créez un climat de confiance et choisissez un environnement ainsi qu’un moment sécurisant et intime pour en parler.

3

Posez la question clairement (as-tu vécu une agression sexuelle?)

4

Si votre enfant vous confie une agression, restez calme et dites-lui que vous le croyez. Cette étape est primordiale pour la suite.

5

Soulignez le courage de votre enfant de s’ouvrir sur ce qu’il a vécu et remerciez-le pour sa confiance.

6

Évitez les questions de clarification afin de respecter son intimité, et pour éviter de lui donner l’impression de devoir justifier ou prouver ce qu’il a vécu. Respectez ce que le jeune décide de vous partager. (Lors d’une expérience traumatique, le cerveau peut effacer une partie des événements pour protéger la personne victime. Son récit peut ainsi sembler invraisemblable, c’est tout à fait normal. Ainsi, il faut éviter de poser des questions de compréhension ou de clarification afin que le jeune n’ait pas l’impression que vous doutiez de son histoire. Il est recommandé de se concentrer sur les besoins formulés de la personne victime).

7

Demandez à votre enfant ce dont il a besoin afin de favoriser un sentiment de contrôle chez lui. Respectez son rythme et ses choix. Il est normal que votre enfant présente des réticences à décrire son expérience ou à vouloir rencontrer des ressources d’aide. Prenez le temps d’écouter et de valider ses émotions et rassurez-le.

8

Ne faites pas de promesses quant à la suite des choses. Par exemple, ne lui promettez pas que vous garderez son dévoilement secret. Si votre enfant verbalise des craintes à ce que vous parliez de son histoire, prenez le temps d’accueillir ses émotions et rassurez-le. Expliquez-lui que votre rôle d’adulte est de le protéger et de prendre soin de lui.

9

Dirigez-vous vers des ressources spécialisées pour vous accompagner. En nous appelant, nous pouvons vous guider dans votre intervention auprès de votre enfant et vous soutenir.

10

Si votre enfant est d'accord pour rencontrer un.e intervenant.e du Shase, notre équipe jeunesse peut se déplacer dans un milieu connu du jeune (école, maison des jeunes, organismes communautaires, etc.) pour faciliter la prise de contact.

11

Le jeune peut être accompagné de ses parents et/ou d’une personne de confiance.

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Lors d’une première rencontre, nous pouvons présenter nos services à votre enfant, sans engagement de sa part à un suivi. C’est à ce moment que nous lui expliquerons qu’il n’aura pas à raconter les événements s’il n’en a pas envie et que nous respecterons son rythme et ses besoins.

Comment accueillir mes réactions? 

Apprendre que son enfant a été victime d’une agression sexuelle provoque un choc. Colère, tristesse, culpabilité, impuissance, envie de vengeance, reviviscence, dégoût… Toutes ces émotions sont normales. N’oubliez pas que votre réaction aura un impact immense sur la façon dont votre enfant vivra ce qu’il traverse.

Même si vous êtes bouleversé·e, l’important est d’offrir une écoute calme, sans jugement, et de rappeler à votre enfant qu’il n’est pas responsable de l’abus et des conséquences qui en découlent. Vous n’avez pas à tout savoir ou tout comprendre d’un coup — être présent·e, c’est déjà énorme.

Vous pouvez, vous aussi, bénéficier d’un suivi individuel au SHASE. Nous vous encourageons fortement à vous offrir un espace pour comprendre et accueillir vos propres réactions, vos émotions et vos questionnements.

C’est en prenant soin de vous que vous serez en mesure d’accompagner votre enfant.

 

Et l’espoir, dans tout ça?

Bien que vivre une agression sexuelle puisse être une épreuve marquante, autant pour les jeunes que pour leurs proches, ce n’est pas une fin en soi. Il est tout à fait possible de reprendre du pouvoir sur sa vie et de retrouver un bien-être, à son rythme. Recevoir du soutien rapidement peut faire une grande différence et éviter que les conséquences s’installent ou se cristallisent. Les jeunes sont davantage portés à briser les tabous et faire appel aux ressources d’aide, ce qui a un impact significatif dans leur cheminement personnel. De plus, les organismes jeunesse se mobilisent pour sensibiliser et éduquer les jeunes afin de prévenir cette problématique.

 

À retenir

Être cru, entendu et protégé sont les éléments essentiels pour amorcer un processus de rétablissement.

Les impacts d’une agression sexuelle peuvent être profonds pour les personnes victimes et pour leurs proches (anxiété, isolement, troubles du sommeil, difficulté émotionnelle, etc.). Une intervention rapide peut faire une grande différence. Il est toutefois important de respecter le rythme de la personne victime.

En tant que parent ou proche d’une personne victime, vous jouez un rôle essentiel, simplement en étant présent·e et à l’écoute. Vous n’avez pas à avoir toutes les réponses, ni à tout porter seul·e. Il est primordial de prendre soin de soi pour soutenir adéquatement une personne victime. Notre organisme est là pour vous accompagner. Que ce soit pour comprendre ce que vit votre ado, soutenir la famille, ou vous guider dans les démarches possibles (médicales, psychosociales, DPJ, judiciaires…), nous sommes là, sans jugement, à votre rythme.